Cyril Caine & Anita Volker
Géographie
de l’Après
Cliniques de l’altérité

Regarder encore.
Regarder mieux.
Note manifeste
Transformer le poids du regard en espace de reconnaissance
Géographie de l’Après / Cliniques de l’altérité naît d’un territoire commun : le visage altéré, le corps réparé, la trace laissée par l’accident, la guerre, la chirurgie et le regard social.
Notre travail ne documente pas des cas médicaux. Il interroge ce qui demeure après le choc : lorsque le visage doit revenir dans l’espace public et soutenir le regard des autres.
Nous rapprochons portraits, carrosseries accidentées, moulages, fragments opératoires, images surexposées, photogrammes et peintures. La peau, le métal, le plâtre, la toile et la lumière deviennent les surfaces d’une même question : comment regarder ce qui a quitté la fiction de l’intact ?
Ce n’est pas un projet sur la défiguration.
C’est un projet sur le poids du regard et la possibilité d’une autre manière de voir.
Parcours
Un déplacement
du regard
Le portfolio se construit comme une traversée : de l’objet au visage, de l’impact à la trace, de l’empreinte au seuil clinique, jusqu’aux formes de survivance.
Le regard frontal
Présences humaines qui ne demandent pas la compassion, mais la tenue du regard.

Le visage apparaît comme seuil du regard, hors de toute lecture médicale ou pathologique. La présence n’est pas expliquée : elle est tenue.

La tôle se plie, se cabosse, se marque. Elle devient le contrepoint plastique du visage : une surface blessée qui garde la mémoire de l’impact.







L’enfance révèle l’apprentissage social du regard : ce que l’on apprend à voir, à juger, à éviter ou à soutenir.

La matière accidentée
Tôle, verre, carrosserie : surfaces blessées qui gardent la mémoire de l’impact.




La trace organique
Peau, écorce, détail : le visage devient territoire sensible.


La flore, comme la peau, garde une mémoire de pression, de perte et de résistance. La blessure quitte le seul visage pour devenir une écriture des surfaces.




L’empreinte et le fantôme
Moulages, masques, dépôts : le portrait quitte la ressemblance pour devenir apparition.

Le visage se retire dans la lumière. Il devient surface, empreinte, presque absence.

Le portrait devient peau seconde : une présence fragile, entre relique, apparition et disparition.

Le moulage suspend le visage entre sculpture, absence et mémoire.

Le visage se dissout dans la lumière. Il ne disparaît pas : il devient apparition.

Un dépôt de traces : archive, relique, paysage d’absence. Le portrait quitte l’identité pour devenir matière de mémoire.
Le seuil clinique
L’origine opératoire du regard devient matière mentale et plastique.

Le greffon facial apparaît entre prélèvement et transplantation : une surface en attente de reconnaissance.


L’image se tient au seuil du soin : après le geste chirurgical, avant le retour au regard social.

L’autoportrait interroge la standardisation du visage, le protocole clinique et la position du regard soignant.
Survivances
La blessure rejoint l’histoire, la guerre, la peinture et les formes de réparation.
Extrait d’entretien
Le Visage à venir
Avant l’allotransplantation faciale · CHU d’Amiens
Extrait d’un entretien réalisé avec Mme B. avant son intervention. Elle deviendra la troisième personne à recevoir une allotransplantation faciale à Amiens.
Ses paroles saisissent un moment particulier : celui qui précède la transformation, lorsque le geste médical demeure encore une possibilité et que l’avenir reste ouvert.
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InvU
Cyril Caine & Anita Volker · 2011 · 4 min 14
InvU transforme les portraits photographiques de Cyril Caine en un poème visuel de visages déchirés et recomposés, où la défiguration devient le sujet d’une recherche sensible sur la manière dont notre regard peut blesser, classer ou réparer les corps.
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AMOK / Chambre noire
Cyril Caine & Anita Volker · 2015
Une chambre obscure du visage : fragmentation, apparition, retour de l’image. Le film ouvre le corpus vers une temporalité intérieure, entre effacement et survivance.
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Court métrage documentaire
Le Soldat Déchiré
Cyril Caine & Anita Volker · 2024
Volodymyr, ancien entraîneur de basket devenu soldat ukrainien, blessé au visage par la guerre. Le visage réparé devient ici lieu d’histoire, de dignité et de survivance.
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Une main apparaît comme un corps autonome. Elle hésite, cherche, respire, danse : ce qui reste capable de toucher, de sentir et de dire lorsque le visage ou la parole se retirent.